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samedi 12 septembre 2015

Un matin en Avignon

Ce matin là, profitant d’une légère fraîcheur en cet été caniculaire, je flâne dans les rues d’Avignon. Les petits théâtre ouvrent leurs portes, les cafés ne sont pas encore pris d’assaut par les festivaliers, je détaille les affiches quand l’une retient mon attention: un personnage masqué invite les passants à venir voir un spectacle qui me semble original. Pas d’hésitation, j’attends l’ouverture du guichet, prends mon billet et entre. 

C’est un lieu assez étroit, pas plus d’une cinquantaine de places. Comme je suis en avance, je peux m’asseoir devant. Et j’attends. Les spectateurs emplissent la salle peu à peu. Quand soudain résonnent les trois coups. Silence dans le public, les lumières s’éteignent, les rideaux s’ouvrent. Et tu apparais! 
Corps fin et élancé vêtu d’un pantalon et d’une tunique claires, larges et ondoyants, visage recouvert d’un masque rappelant les statues grecques, tu évolues avec légèreté et élégance. Et quand ta voix pure s’élève dans un chant émouvant, mon cœur, mon corps sont bouleversés par tant d’harmonie. Je tremble d’émotion et ne prête guère attention aux autres personnages, au déroulement de l’action. Seuls ta silhouette, ton visage, ta voix me subjuguent. 
Quand les rideaux se referment, je reste un long moment immobile. J’attends que tous les spectateurs sortent et me dirige en tremblant vers les loges. Les portes sont ouvertes, les comédiens ont enlevé leur masque et s’interpellent, visiblement soulagés que la représentation soit terminée. Impossible de les différencier les uns des autres, les habits se ressemblent, les tailles aussi, c’est l’envers du décor, le charme est rompu: je n’aurais pas dû venir dans les loges! 

Gislhaine

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